BONNET Charles

Charles Bonnet est arrivé au Soudan par romantisme. Il a fouillé en Egypte après son diplôme de sciences orientales mais le Soudan lui semblait une aventure digne du XIXè siècle. De nombreuses fouilles de sauvetage étaient menées dans ce secteur et il a profité de cette opportunité. Ainsi, depuis 40 ans, il fouille le site de Kerma. Néanmoins, l’essentiel de son métier d’archéologue a été effectué en Europe où il a participé, notamment, à la fouille archéologique de 40 églises comme celle de la cathédrale de Genève. Il a collaboré ou collabore encore aux fouilles de Barcelone, Tournai (Belgique), Aoste (Italie), Turin, le Puy en Velay, Cluny et Arles.

 

 

Comment vous est venue la vocation de l'égyptologie ?

 

En fait, je suis un curieux égyptologue puisque je suis plus archéologue qu’égyptologue. J’ai mis ma spécialisation d’archéologue, avec ses méthodes, au service de l’égyptologie. Il y a quelques décennies, celle-ci était plus le fait de philologues ou de professeurs d’université qui demandaient à un architecte de faire un trou le mieux possible. Maintenant, nous avons le sentiment que faire un trou en archéologie demande une préparation et c’est devenu une spécialisation. Je ne suis égyptologue que partiellement même si j’ai travaillé à Karnak, à Sérabit el-Khadim dans les mines de turquoise et maintenant à Péluse, cité concurrente d’Alexandrie. Aujourd’hui, nous avons des équipes formées avec un égyptologue qui s’occupe de la langue, un égyptologue qui s’occupe de l’architecture, un égyptologue qui s’occupe des céramiques… C’est donc un métier qui s’est beaucoup complexifié et la notion même d’égyptologue est devenue beaucoup plus compliquée.

 


Quel est votre cursus ? Quel est votre parcours ?


Je suis à l’origine vigneron. Cela semble bizarre de le dire comme cela mais mon métier de vigneron m’a appris à voir le terrain. Ainsi, j’essaie de comprendre les vestiges laissés par les hommes au travers du terrain, au travers de ce que nous donne le terrain. Mon parcours c’est d’abord cela. Ensuite, j’ai préparé un diplôme de sciences orientales à l’université de Genève ; j’ai fait un doctorat à l’université de Lyon et je n’ai cessé de me spécialiser dans différents domaines. Je suis aujourd’hui membre de très nombreuses sociétés savantes et surtout membre de l’Institut de France et de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres. J’ai été archéologue cantonal à Genève, ayant la responsabilité de tout le patrimoine de Genève. J’ai été professeur à l’université de Genève. Donc, au travers du terrain, j’ai touché différents éléments de l’enseignement, de la connaissance en général et cela m’a été très utile.

 


Quelles sont les orientations actuelles de vos recherches ?


Je continue des fouilles au Soudan, à Kerma, qui me permettent de comprendre une des portes de l’Egypte. Je fouille une zone où il y a eu un royaume indépendant de l’Egypte qui s’est développé durant l’Ancien Empire et le Moyen Empire puis qui, durant le Nouvel Empire, a été colonisé par les grands pharaons égyptiens de la XVIIIè dynastie. Ce qui me passionne aussi c’est qu’à Péluse, de l’autre côté, c’est une autre porte de l’Egypte. J’ai l’occasion de collaborer avec nos collègues égyptiens qui m’ont demandé de venir travailler dans cette région et, là aussi, nous découvrons des vestiges du Moyen Empire et du Nouvel Empire qui nous montrent un autre accès mais depuis l’Orient, le long de la Méditerranée, jusqu’à l’Egypte. Pour moi, c’est très complémentaire et cela m’aide beaucoup.

Publié le 13/11/2010




BY ANKAA