LABRIQUE Françoise

Comment vous est venue la vocation de l'égyptologie ?

 

A six ans, dès que j’ai su lire. Ma vocation m’est venue en lisant les contes et légendes égyptiennes, grecques et romaines.

 

 

Quel est votre cursus? Quel est votre parcours ?

 

J’ai commencé par des études de latin et de grec. Puis, à l’université de Bruxelles, j’ai étudié la philologie classique. Ma passion pour la littérature et la mythologie, à laquelle s’ajoutait la vieillesse de mes professeurs, m’a amené à l’égyptologie. J’ai effectué deux cursus en parallèle : en décalage, un mémoire en philologie et un mémoire en égyptologie. Un de mes professeurs, Théodoridès, ne jurait que par les études juridiques. Il ne voulait absolument pas entendre parler de religion alors que moi, ce domaine, m’intéressait particulièrement. Grâce à une bourse, j’ai pu aller étudier pendant un an à Paris me permettant de rattraper mes lacunes en textes religieux. Ensuite, j’ai obtenu une bourse pour continuer mes études en Allemagne : j’ai suivi les cours de ptolémaïque de Philippe Derchain et rédigé une thèse sous sa direction. Mais comme il faut bien gagner sa vie, j’ai trouvé un poste de professeur dans une école qui enseignait sans manuel, dans une grande liberté d’apprentissage et de choix de textes me permettant de faire étudier des textes grecs relatifs à l’Egypte. Pendant les vacances, je retournais en Allemagne pour avoir accès à une bibliothèque. Tout cela a duré treize ans. J’ai présenté ma thèse « Stylistique et Théologie à Edfou : Le rituel de l’offrande de la campagne » qui tente de comprendre comment s’exprime cette offrande en mettant en relation la littérature et la théologie. Ainsi, j’ai élaboré une méthode d’analyse pour présenter les textes sur les parois montrant qu’une partie de la théologie s’exprimait à travers la forme. Cependant, je n’avais aucun espoir d’obtenir un poste à l’université de Bruxelles : j’étais à la fois trop jeune et trop âgée. Comme j’ai obtenu le concours de qualification en France et comme le poste de Pierre Lévêque à Besançon se libérait, j’ai postulé pour ce poste et l’ai obtenu en 1998. Par ailleurs, un de mes étudiants, ayant appris le latin et le grec avec moi puis entrepris des études d’égyptologie à Bruxelles avant de devenir pensionnaire à titre étranger de l’Institut Français d’Archéologie Orientale, m’a demandé de l’aider pour faire une recherche dans le désert. Pendant les vacances, je l’ai accompagné dans les oasis pour faire des relevés. Ensuite, cet étudiant a obtenu un poste de maître de conférence à l’université de Strasbourg et un budget pour diriger des fouilles à Bahariya après avoir découvert un fort romain. Ayant obtenu la possibilité d’entreprendre des fouilles dans ce secteur, une collaboration a été mise en place entre Besançon et Strasbourg puis, maintenant, entre Cologne et Strasbourg depuis que j’ai obtenu un poste d’enseignante en 2005 à l’université de Cologne. Depuis le début des campagnes, je suis l’épigraphiste des chapelles saïtes. Depuis lors, également, Frédéric Colin, professeur à Strasbourg, m’envoie des étudiants à Cologne et, moi, je lui envoie des étudiants de Cologne à Strasbourg. Cette collaboration est fructueuse.

 


Quelles sont les orientations actuelles de vos recherches?


Mes recherches sont orientées sur l’étude du ptolémaïque. J’ai publié la traduction commentée du propylône de Khonsou à Karnak. Sinon, je fouille à Bahariya et je dirige l’institut à Cologne et dispense des cours dans cette université. J’ai aussi publié « La femme perverse : Analyse du Conte des Deux Frères ».

 


Questions sous forme de portrait chinois.


Si vous étiez un pharaon, lequel aimeriez-vous être?


Je préfère être une reine et pourquoi pas Arsinoé II.

 


Si vous étiez une divinité, laquelle seriez-vous?


Tefnout.

Publié le 16/05/2009




BY ANKAA