MORFIN Marguerite

Comment vous est venue la vocation de l'égyptologie ? Quel est votre cursus ? Quel est votre parcours ?

 

La vocation de l’égyptologie m’est venue par le hasard. J’avais envie de faire de l’archéologie classique et, pour cela, j’avais décidé d’effectuer un stage. J’ai contacté un instituteur de Montpellier qui fouillait le site de Lattes ; site qui s’étendait, chronologiquement, du chalcolithique à l’époque médiévale et était connu par les écrits de Pline l’Ancien. Pendant ma licence, j’ai suivi ce stage de fouille sur la zone gallo-romaine à incinération. C’était une fouille de sauvetage dont j’avais la responsabilité. J’ai fouillé ce site pendant deux ans ; puis, j’ai travaillé sur le site du château de Monteferrand du Pic Saint Loup à Montpellier. A ce moment-là, j’ai rencontré Jean-Claude Richard qui m’a proposé de travailler avec François Daumas sur Castelnau-le-Lez. Je lui ai répondu que je ne connaissais par monsieur Daumas et que je me sentais incapable de gérer un chantier seule. Toutefois, j’ai rencontré François Daumas accompagnée de Marie-Pierre Foissy. Nous étions dans les années 1967-1968. Monsieur Daumas nous a alors testé : nous devions nettoyer des tessons. Ce que nous ne savions pas c’est qu’il était caché derrière la fenêtre où nous travaillions. Et, pendant notre nettoyage, nous n’avons cessé de rire tout en faisant des tas. Certains tessons nous posaient des soucis et nous ne savions qu’en faire. D’autant plus que certains semblaient être une plaisanterie : des tessons étaient des tuiles peintes vernissées du XIXè siècle nommés pot de Saint Jean de Fos. Avant de présenter notre travail à monsieur Daumas, nous avons choisi les plus belles formes ainsi que les tessons que nous avons dénommés « tesson plaisanterie ». Monsieur Daumas s’est amusé de notre perspicacité. Quelques années après, François Daumas est rentré du Caire car il venait d’obtenir la chaire d’égyptologie de Montpellier. Il nous a alors informé des dates où commençaient ses premiers cours. Ceux-ci étaient captivants. Puis est venue la phase des hiéroglyphes. Arriva ce qui devait arriver : j’ai été mordue par le canard des hiéroglyphes. Ensuite, François Daumas m’a proposé de ranger la bibliothèque ce que j’ai refusé catégoriquement. Il m’a alors dit : « Ecoutez, lancez-vous. Ce que les autres peuvent faire en un an, vous, vous le ferez en deux ans. Ce n’est pas grave ». Et c’est comme cela que je suis devenue bibliothécaire de la bibliothèque d’égyptologie de l’université de Montpellier en même temps que je préparais ma thèse. Et, cette année, je suis en train de préparer le quatrième déménagement de cette bibliothèque nécessitant une quatrième réorganisation interne.



Quelles sont les orientations actuelles de vos recherches ?

 

Je m’intéresse à la botanique car mon père avait fait de l’archéobotanique à la retraite, notamment concernant le blé en Afrique du nord. J’ai alors travaillé la botanique à travers les colonnes, associant l’archéologie et le texte afin de déterminer le rôle symbolique des colonnes : notion de pierre, de botanique et de sacré. Cet intérêt explique pourquoi je consacre mes recherches sur l’histoire des végétaux.

Je participe aussi à des fouilles dont celles d’Oxyrhynchos.


 

Comment en êtes-vous venue à participer aux fouilles d’Oxyrhynchos ?


Un ancien étudiant de Montpellier, Hassan Amer, a proposé à monsieur Godron que, s’il souhaitait un site de fouilles, il pouvait lui en proposer un en co-tutelle avec l’université du Caire. Un financement avait été trouvé par le biais du mécénat : « Cassegrain » devenait notre partenaire financier. Mais, il fallait remplir des papiers administratifs pour obtenir l’aval des ministères de tutelle et d’une autorité égyptologique française. Le dossier fut refusé. Est alors entré en scène un autre ancien élève de Montpellier, monsieur Padró, qui proposait des mécènes. Une fouille tripartite a donc pu être engagée entre Barcelone (monsieur Padró, docteur d’état), Le Caire (monsieur Amer, docteur d’état) et l’université Paul Valéry de Montpellier. C’est ainsi que j’en suis venue à participer aux fouilles d’Oxyrhynchos.

Publié le 25/04/2009




BY ANKAA