RILLY Claude

Comment vous est venue la vocation de l'égyptologie ?

 

Comme beaucoup d’égyptologues, j’ai été attiré très tôt. A l’âge de sept ans pour être précis. Quand on est gamin, on a envie de travailler sur les belles périodes. Plus tard, j’ai appris le grec avec un professeur passionné de linguistique qui m’a transmis sa passion.

 

 

Quel est votre cursus ? Quel est votre parcours ?

 

J’ai entrepris des études d’égyptologie à l’EPHE avec Mr Vernus. Je les ai poursuivies à Montpellier avec Mr Mathieu. Puis, en 1991, un article de Mr Leclant sur le méroïtique m’a fait prendre conscience de l’intérêt de cette langue. Ainsi, en dirigeant mes recherches sur le monde nubien, j’ai pu conjuguer ma passion pour la civilisation pharaonique, la linguistique et l’Afrique. Ensuite, Mr Leclant m’a chargé de la révision du Répertoire d’Epigraphie Méroïtique et de la publication des tomes suivants. En 2001, un article de la Revue d’Egyptologie intitulé « Une première clé pour la compréhension du méroïtique » m’a amené à faire une comparaison avec le proto-nubien. Je suis alors entré au LLACAN, laboratoire « Langage, langues et culture d’Afrique Noire » pour un travail de comparaison linguistique.

 

Quelles sont les orientations actuelles de vos recherches ?

 

 

J’effectue un travail sur le terrain sur le nyimang. J’aimerais faire de même pour le nara mais des raisons politiques ont entraîné la fermeture de l’Erythrée. Je n’ai pu obtenir de visa ni en avril ni en octobre. Cela est bien dommage car le nara est la langue la plus proche du méroïtique au niveau de la syntaxe. Sinon, je fais un travail de publication, je m’occupe du Répertoire d’Epigraphie Méroïtique. De plus, on m’a demandé de succéder à Catherine Berger sur le site de Sedeinga ce qui serait un véritable travail archéologique qui me permettrait de trouver des textes méroïtiques inédits.

 

Existe-t-il des textes littéraires dans la corpus des textes actuellement connus ?

 

 

Pour l’instant, nous n’avons rien concernant la littérature méroïtique. Néanmoins, la forme de la cursive méroïtique montre qu’elle a évolué à partir d’un support souple, le papyrus. Ce support a beaucoup souffert des conditions climatiques soudanaises. Par conséquent, peu de textes sur papyrus nous sont parvenus jusqu’à présent. Cependant, nous avons une certaine idée du goût littéraire méroïtique. Par exemple, à Philae et à Dakka il existe des proscynèmes en démotique et en méroïtique. Ceux en démotique sont très laconiques et s’adressent en égyptien pour des Egyptiens alors que ceux en méroïtique qui s’adressent à des Méroïtes sont très variés. Nous constatons la même chose pour les formules d’offrandes qui possèdent une grande variété dans les formules. Tout concorde pour penser qu’il a dû exister une littérature riche.

 

Questions sous forme de portrait chinois.

 

Si vous étiez un pharaon ou un roi nubien, lequel aimeriez-vous être ?

 

Taneyayidamani.

 

Si vous étiez une divinité, laquelle seriez-vous ?

 

Apedemak.

Publié le 13/11/2008




BY ANKAA