VOLOKHINE Youri

Comment vous est venue la vocation de l'égyptologie?

 

Depuis ma jeunesse, je me suis intéressé à l’histoire des religions et à l’anthropologie. C’est un attrait familial. Au départ, mon intérêt pour l’histoire des religions était général. J’étais autant captivé par la Grèce ancienne que l’Egypte voire l’Inde ancienne. Puis, peu à peu, mon intérêt s’est recentré sur l’Egypte ancienne.

 

 

Quel est votre cursus ? Quel est votre parcours ?

 

J’ai fait mes études à l’Université de Genève en combinant l’histoire des religions, l’égyptologie et le sanscrit. J’ai obtenu une licence d’histoire des religions sur la religion égyptienne. Je suis alors devenu l’assistant de monsieur Borgeaud en histoire des religions.

J’ai obtenu une bourse du fonds national de la recherche en Suisse me permettant de poursuivre mes études, en 1996, à l’EPHE auprès de monsieur Vernus et de madame Zivie-Coche. C’est à cette époque que j’ai rencontré Philippe Collombert et Laurent Coulon.

J’ai soutenu une thèse, en 1998, dont le sujet était «Le visage dans la pensée et la religion de l’Egypte ancienne».

Ensuite, de 2000 à 2002, j’étais pensionnaire à l’Institut Français d’Archéologie Orientale au Caire; ce qui équivaut, à l’heure actuelle, à membre scientifique.

En 2002, je suis devenu maître d’enseignement et de recherche en histoire des religions à l’université de Genève.

 

 

Quelles sont les orientations actuelles de vos recherches? Vous collaborez au NCCR Affectives Sciences sur le thème de la ritualisation des émotions en Egypte ancienne. Pouvez-vous nous en dire un peu plus?

 

C’est grâce à ma collaboration au NCCR que j’ai réalisé un dossier sur le rire en Egypte ancienne. Ce projet cherche à définir les notions d’émotion dans un contexte antique. Déjà, ma thèse traitait de l’aspect émotionnel de la personne ainsi que de son expression dans des usages rituels.

Sinon, je m’intéresse au triangle monde égyptien, monde grec et monde juif, notamment autour de la figure de Moïse. Je m’intéresse à l’interculturalité ptolémaïque. C’est pourquoi, depuis 2002, je participe à la mission d’Erment où tout un travail archéologique est réalisé sur le temple tardif.

Les autres orientations de mes recherches sont l’anthropologie des images et le vocabulaire conceptuel de l’histoire des religions. Je m’intéresse particulièrement, en ce moment, au sens des scènes figurées. En conséquence de quoi, un travail sur la frontalité devrait être prochainement publié.

 

 

Questions sous forme de portrait chinois.

 

Si vous étiez un pharaon ou un roi nubien, lequel aimeriez-vous être ?

 

Etre pharaon ne m’intéresse pas. Je préfèrerais être un prêtre et, pourquoi pas, Manéthon.

 

Si vous étiez une divinité, laquelle seriez-vous ?

 

Seth car c’est un dieu perturbateur.

Publié le 14/03/2009




BY ANKAA