FAIVRE-MARTIN Evelyne

 

Comment vous est venue la vocation de l’égyptologie ?

 

Quand j’avais huit ans, une de mes sœurs était étudiante dans une école de Beaux-Arts. Elle m’emmenait quand elle allait faire des dessins au musée du Louvre. Elle adorait les salles égyptiennes et surtout le Proche-Orient. Ma vocation est née en voyant le gros sphinx de Tanis qui m’a beaucoup intrigué.

Adolescente, j’étais inscrite à des visites conférences organisées par l’Education Nationale pour les collégiens et lycéens. Ainsi, le mercredi j’allais suivre des visites thématiques. Il y avait une dame que j’avais suivie et trouvée extraordinaire. Elle s’appelle Laurence Tardi. Quand je l’ai connue j’avais dix-sept ans et nous nous côtoyons encore car, maintenant, elle est responsable des enseignants à l’école du Louvre. Elle m’a vraiment donné la passion de l’histoire de l’art.

En  classe de terminale, j’ai fait le choix d’entrer à l’école du Louvre pour entamer des études d’égyptologie. Il se trouve que le frère de ma meilleure amie faisait des études d’archéologie à Paris I pour se spécialiser en précolombien et m’a conseillé l’école du Louvre pour l’égyptologie
car Mme Christiane Desroches-Noblecourt y faisait cours.

  1. Quel est votre cursus ? Quel est votre parcours ?

 

J’ai donc entamé des études d’égyptologie à l’école du Louvre et, un peu en décalé, des études d’histoire en assyriologie à Paris I. Pendant longtemps, j’ai fait les deux : égyptologie et assyriologie. J’ai adoré faire du cunéiforme parce que cela m’a ouvert un monde. Sauf que ce fut très mal pris car, à l’époque dans les années 1980, en France, on ne comprenait pas.

Comme je voulais travailler en musée, je n’ai pas finalisé de thèse et j’ai passé des concours. Malheureusement, j’ai échoué le concours de conservateur. J’ai passé, sans le vouloir, le concours de conférencier car j’avais besoin de travailler. A cette époque, j’exerçais au service des fouilles de la ville de Paris, notamment sur les fouilles de la cour carrée du Louvre. J’ai appris qu’il
existait un concours de conférencier qui, à l’époque, était national. Je l’ai tenté et je l’ai réussi en étant major de la promotion.

Très tôt, j’ai enseigné à l’école du Louvre ; dès ma quatrième année d’étude, je dispensais des cours dans le cadre du tronc commun. J’ai adoré cela. Et, en 1989, j’ai commencé à enseigner dans le cours de spécialisation. En même temps, j’étais conférencière référent en égyptologie et en archéologie ; et je donnais des cours à l’institut Khéops.

Pendant toutes ces années, j’ai beaucoup travaillé pour arriver à un certain niveau.

 

Quelle est votre activité actuelle ?

    Maintenant, je suis manager des conférenciers. Je réfléchis à des thématiques par rapport au programme de l’Education Nationale et aux changements du musée. Et je recrute des conférenciers.

Ce qui m’intéressait était de travailler avec tout public. Mes vingt ans d’expérience m’ont permis de réaliser cet objectif. Notamment, j’ai animé des ateliers avec des personnes atteintes de handicaps légers et lourds, notamment avec des aveugles en leur faisant toucher des objets ; j’ai fait le premier livre sur les hiéroglyphes pour aveugles, en braille, qui a été traduit en arabe. J’ai
présenté l’Egypte à des enfants de maternelle comme à des étudiants ou des associations. J’ai aussi beaucoup travaillé pour le champ social (alphabétisation, SDF…).

Mon objectif est d’être un intermédiaire entre la recherche et le grand public.

Publié le 09/09/2012




BY ANKAA