LHOYER Bénédicte

 

Comment vous est venue la vocation de l’égyptologie ?

 

Au départ, mon intérêt était plus porté vers les Grecs anciens. Puis, je me suis aperçue qu’avant les Grecs, il y avait les Egyptiens. Très tôt, j’ai eu un attrait pour la mythologie, les histoires. J’avais six ans quand j’ai vraiment commencé à faire des matches de mythologie avec un membre de ma famille. En étudiant les Grecs, je me suis aperçue qu’il y avait des références constantes à l’Egypte. J’ai commencé à m’y intéresser et, depuis, cet intérêt ne m’a jamais quitté.

Il y a trois, je me suis rendue compte qu’il y avait eu des précédents familiaux. Mon arrière-arrière-grand-père maternel était un ami de Gaston Maspero. De plus, il semble que l’abbé Barthélémy soit un aïeul. Par ailleurs, ma grand-mère est née en Egypte.

Pourtant, dans l’idéal familial, je devais être médecin. Quand j’ai commencé à dire à ma famille que je voulais faire archéologie et égyptologie, cela s’est mal passé. Maintenant, elle a accepté mon choix, bon gré mal gré.

C’est donc toute une série de précédents et d’événements qui m’ont amené vers l’égyptologie tout en gardant un œil sur l’art grec et l’Antiquité. L’égyptologie a vraiment été une découverte petit à petit, au fur et à mesure.

 

  1. Quel est votre parcours ?

 

Après un bac littéraire, je suis rentrée à l’Ecole du Louvre directement après avoir réussi le concours d’entrée. J’ai fait mes premier et second cycles. J’ai raccroché un moment avec la Sorbonne en prenant une option « droit ». Puis, je suis rentrée en doctorat à l’Ecole du Louvre que j’ai ensuite rattaché à l’université de Montpellier sous la direction de M. Bernard Mathieu.

Par ailleurs, depuis 2007, je suis la secrétaire de l’Association Internationale pour l’Etude du Droit de l’Egypte Ancienne.

En 2010, j’ai été stagiaire épigraphiste et dessinatrice au temple de Karnak sous la direction de Christophe Thiers.

En 2009, j’ai commencé à enseigner à l’Ecole du Louvre. Actuellement, j’y suis professeur de méthodologie générale. J’enseigne à l’Institut Catholique (art égyptien et méthodologie générale 1ère et 2e année) ainsi qu’à la faculté de droit de Sceaux où je prépare les futurs commissaires-priseurs. Je donne aussi des cours à l’université du temps libre à Evry.

Je donne aussi des conférences, notamment au musée du Louvre en tant que médiatrice pour les
enfants et les familles lors de visite dominicale.

     

Comment avez-vous choisi votre sujet de recherche ?

 

C’était lors d’un stage au Centre de Restauration et de Recherche des Musées de France au gré des différentes études et collections que nous avions sous les yeux. Je faisais des recherches à la bibliothèque et en observant, plus attentivement, certaines parois je me suis rendue compte que nous avions toujours le même personnage qui revenait : à savoir l’homme avec un ventre proéminent à l’avant des barques. De fil en aiguille, j’ai commencé à m’intéresser à tous ces personnages qui sortaient du canon ordinaire.  Et je me suis aperçue qu’ils étaient partout. Ainsi, la vision d’un art répétitif fait de poncifs était entièrement à revoir. Au contraire, les Egyptiens sont observateurs et ont transcrit des particularités physiques.

Publié le 06/09/2013




BY ANKAA