MENEGHETTI Livia

Comment vous est venue la vocation de l’égyptologie ? Quel est votre parcours ?

 

Déjà faut-il me considérer comme une égyptologue ce qui n’est pas simple vu mon travail. Plus que l’égyptologie, je dirais « comment m’est venue la vocation de l’archéologie ? ». C’est la faute à mes parents car, quand j’ai eu six ans, ils m’ont offert un Arkéo Junior sur la princesse de Vix. Et j’ai trouvé cela génial ! C’est fou ce que nous pouvions trouver en creusant la terre… Vivant à la campagne, dans une région d’occupation gauloise où il y avait des tumuli, avec mon père, nous avons sauvagement fouillé certains d’entre eux. Cette passion m’a poursuivi jusqu’en classe de terminale. Ensuite, il semblait logique que je choisisse un cursus d’archéologie. Et là, j’ai commencé à prendre des cours de hiéroglyphes. Au début, le système  hiéroglyphique était, pour moi, un jeu. Cela dit, à la fin de la licence, j’avais un besoin d’indépendance financière et de voir « autre chose ». J’ai donc fait un petit détour par l’Amérique du Sud et l’anthropologie. Je me suis donc intéressée aux sociétés contemporaines après la « psychologie des trous de poteaux ». Néanmoins, l’égyptologie me manquait malgré mon intérêt pour le fonctionnement des sociétés contemporaines. Ainsi, je me suis demandé quel résultat cela donnerait si on appliquait le même questionnement aux sociétés qui ont disparu. Car, ce que j’aime c’est comprendre pourquoi l’Egypte plaît autant, comment on l’utilise et comment elle fait sens dans les sociétés ; enfin, pourquoi elle est pertinente.

 

Comme vous venez de nous présenter votre parcours et votre cheminement intellectuel, je souhaiterais que vous nous précisiez le titre exact de votre thèse.

 

La réception de l’Egypte dans les Arts et les Sciences à Toulouse du XVIIe au milieu du XXe siècle.

 

Quelle est l’orientation actuelle de vos recherches ?

 

Outre la publication de la collection égyptienne du musée Georges Labit (Toulouse), je m’intéresse actuellement à la danse orientale égyptienne et ses liens avec l’Egypte antique à savoir comment les danseuses se prétendent être le réceptacle des danses de l’Antiquité. Notamment, elles se qualifient souvent d’Isis. Par conséquent, quels rapports entretiennent-elles avec la déesse ? Quand on les écoute, elles sont très liées à ces conceptions et, pourtant, elles n’y connaissent strictement rien. Elles ont reconstruit une Egypte qui leur sert à légitimer leur propre pratique. C’est un aspect que je vais présenter à un colloque en octobre.

Ensuite, je m’intéresse à la psychanalyse ; donc, à la question du monothéisme et du polythéisme : Akhenaton et Moïse revisités par les psychanalystes. Comment ces derniers ont-ils lu l’histoire de l’ancienne Egypte ? Et, comment ils l’ont réinterprétée dans la perspective psychanalytique pour justifier leurs théories ?

Enfin, je poursuis mes travaux de thèse mais plus centrés sur le XVIIIe siècle : la franc-maçonnerie, les modèles égyptiens que l’on va copier ou réinventer et, surtout, ceux que l’on juge pertinents.

Publié le 21/07/2015




BY ANKAA