LABOURY Dimitri

1. Comment vous est venue la vocation de l’égyptologie ?

Mon intérêt pour l’Antiquité existe depuis toujours. A douze ans, j’ai fait un voyage en Egypte en famille. Notre mère avait préparé le voyage en nous racontant, chaque soir, l’histoire de l’Egypte. Ainsi, quand nous avons été en Egypte, Hatshepsout et Ramsès II avaient des résonances en moi. En allant là-bas, j’ai eu l’impression d’un sentiment de « déjà vu ». J’ai alors dit à mes parents : « c’est ça que je veux faire ! ». Mais, j’avais douze ans. De plus, je suis la génération « Indiana Jones » et j’ai grandi avec.

Ainsi, quand j’ai fini le secondaire, j’ai voulu m’inscrire en archéologie pour faire de l’archéologie égyptienne.

A mon premier cours d’histoire de l’art et archéologie de l’Egypte pharaonique, Michel Malaise a fait de la promotion pour les cours de langue égyptienne. Je me suis inscrit et j’ai pu faire les deux cursus. En cinq années, j’ai obtenu deux diplômes équivalant au Master.

J’ai travaillé avec Roland Tefnin. Et, un jour, il m’a interrogé sur mes origines car j’ai un prénom gréco-slave. De plus, mon arrière-grand-mère maternelle était congolaise et son époux était allé jouer à l’aventurier en Afrique dans une fabrique de coton. Et, mon grand-père maternel est artiste peintre et d’autres ancêtres sont historiens. Mon intérêt pour l’art est donc une histoire familiale. Et tout ce brassage devait, donc, donner un égyptologue.

 

2. Quel est votre parcours ?

Je suis plus historien d’art qu’archéologue dans mes fibres, dans ma démarche, dans mon regard et, sans doute, en raison de mon histoire familiale. J’ai eu  beaucoup de chance dans mon parcours.

J’ai une licence en histoire de l’art et archéologie et j’ai suivi des cours d’égyptologie ce qui m’a donné accès à une maîtrise dans les deux domaines. J’ai donc effectué deux mémoires en cinq ans. Ensuite, j’ai postulé au FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique) où nous avons un concours national pour les bourses doctorales que j’ai obtenu. Dans la foulée, j’ai pu faire ma thèse en trois ans et trois mois sur la statuaire de Thoutmosis III. J’ai pu faire le tour du monde pour aller voir les différentes collections. Pendant deux ans, j’ai eu un post-doctorat au FNRS et un poste définitif à la suite.

Depuis deux ans, je suis directeur de recherche.

 

3. Quelle est l’orientation actuelle de vos recherches ?

Mes recherches actuelles concernent le rapport entre l’image et l’art, le rapport entre les peintures thébaines et l’archéologie ainsi que la question de l’artiste à qui nous devons rendre son individualité. D’où, aussi, un intérêt sur la créativité. L’histoire de l’art égyptien est un laboratoire de l’histoire de l’art général. Il faut donc relancer un dialogue entre l’histoire de l’art et l’égyptologie car il a disparu depuis pratiquement un demi-siècle. Il faut promouvoir l’histoire de l’art au sein de l’égyptologie. J’ai testé ce discours auprès de linguistes et de philologues : celui-ci a porté… Notamment, il existe des signatures d’artistes qui peuvent être diverses et variées.

Publié le 16/08/2016




BY ANKAA