MATHIEU Bernard

Bernard Mathieu, ancien directeur de l'Institut Français d'Archéologie Orientale, est maître de conférences à l'Université Paul-Valéry (Montpellier III). Il est venu nous entretenir de son sujet de prédilection : les Textes des Pyramides.

 

  1. Comment vous est venue la vocation de l’égyptologie ?

 

Je pense très tôt comme la plupart des égyptologues. J’ai voulu me différencier d’un très bon ami qui s’intéressait beaucoup à la Grèce ancienne. Moi, j’ai poussé un peu plus à l’est. J’ai toujours été intéressé par les écritures étranges. C’est souvent par là que nous commençons quand nous sommes mordus par le canard des hiéroglyphes. Je devais avoir neuf ou dix ans et cela a persisté ensuite.

 

Quel est votre parcours ?

 

J’ai fait des études classiques : français, latin et grec. J’ai suivi les conseils de François Daumas, que j’ai eu la chance de rencontrer au tout début de mes études universitaires. Il m’a conseillé de faire ce qu’il avait fait lui-même c’est-à-dire de poursuivre en lettres classiques et de passer l’agrégation car cela permet d’avoir un métier.

J’ai commencé mes études d'égyptologie à Montpellier et je les ai poursuivies à Paris car il y avait des enseignements très spécialisés et, donc, indispensables pour une formation complète.

Tout ceci s’est concrétisé par une expérience d’enseignement à l’Institut Khéops (dont je suis le membre fondateur avec Guillemette Andreu). Ce fut une grande chance et une expérience très formatrice car il s’agissait de faire passer, à un public très large, un savoir qui était en train d’être construit. Je considère mes années à l’Institut Khéops comme un vrai complément de formation.
J’ai toujours gardé un goût pour un public large et pas seulement universitaire.

 

Quelle est l’orientation actuelle de vos recherches ?

 

Je suis plutôt orienté vers l’étude des textes, conséquence sans doute de ma formation. Depuis une quinzaine d’années, je travaille beaucoup sur les Textes des Pyramides qui est un champ ouvert puisque nous trouvons régulièrement de nouvelles pyramides à texte. C’est un corpus qui a tendance à s’étendre ce qui est à la fois une chance et une contrainte car il faut maîtriser de plus en plus de volume de textes.

Et, puis, je m’intéresse beaucoup à la littérature. Je suis amené à traduire de nombreux textes de toutes les époques car la spécificité de l’égyptologie est que nous ne pouvons pas nous intéresser à une seule période. Surtout, quand nous travaillons sur des textes, nous avons besoin d’embrasser tout le champ chronologique. Cela demande beaucoup d’investissement en temps et en effort, notamment parce qu’il y a une grande production égyptologique. Des revues naissent régulièrement. C’est indispensable de maintenir une veille éditoriale pour bien comprendre les textes et les traduire.

Publié le 06/09/2013




BY ANKAA