MAURIC-BARBERIO Florence

Comment vous est venue la vocation de l’égyptologie ?

 

La classe de 6e a été, pour moi, très importante. De plus, cela coïncidait avec l’exposition Ramsès II à Paris. Puis, peu de temps après, à l’âge de 13 ans, mon père m’a amenée en Égypte. Ayant toujours aimé l’histoire, il était clair que je ferais des études dans ce domaine. Je me suis inscrite à la Sorbonne et, très vite, j’ai découvert que je pouvais faire de l’égyptologie dans cette université. Le déclic a vraiment été la 6e d’où l’importance de conserver l’Égypte dans les cours d’histoire de ce niveau.

 

Quel est votre parcours ?

 

A l’époque où je faisais mes études à Paris IV-Sorbonne, les cours étaient dispensés par Mademoiselle Lalouette ; sans doute suis-je une de ses dernières étudiantes. L’enseignement de la langue était totalement déficient. Mais, j’ai eu la chance d’avoir fait allemand première langue. J’ai, alors, eu l’idée de profiter de la bourse Erasmus pour poursuivre mes études en Allemagne après la maîtrise : d’octobre 1988 au printemps 1990, j’ai pu étudier à Heidelberg. Pour moi, tout a changé : l’égyptologie mais aussi l’enseignement allemand comme avoir une bibliothèque ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Concernant l’égyptologie, j’ai découvert deux grands maîtres : J. Assmann et E. Hornung. Avec le professeur Assmann dont j’ai suivi les cours à Heildelberg, j’avais l’impression de capter une quintessence extraordinaire. Son cours sur le Livre des Portes a été une découverte : cela m’a ouvert un monde inconnu d’autant plus que l’essentiel avait été rédigé en allemand. Le spécialiste des livres du monde souterrain était E. Hornung, à Bâle, dont je me suis mise à dévorer les ouvrages. Quand je suis rentrée en France, c’est M. Nicolas Grimal qui dirigeait la chaire d’égyptologie de la Sorbonne. Il m’a laissé le choix total pour mon sujet de thèse même si les livres funéraires n’étaient pas son domaine. Comme j’avais des connexions en Allemagne et, après avoir soumis le sujet au Professeur Hornung afin d’en déterminer la pertinence, j’ai eu la chance de pouvoir poursuivre mes recherches sur le Livre de l’Amdouat et le Livre des Portes. Depuis, je suis toujours en relation avec le Professeur Hornung qui a fait partie du jury de ma thèse. J’avais aussi des contacts avec des étudiants de Bâle, qui m’ont permis d’être au courant des fouilles et d’être appelée en 2003 pour inventorier les fragments de Séthi I découverts près de la tombe de Ramsès X. Ainsi, après la thèse, j’ai pu avoir une expérience de terrain. Ce fil conducteur ne s’est jamais perdu. Je continue, donc, à creuser mon sillon dans la Vallée des Rois.

 

Quelle est l’orientation actuelle de vos recherches ?

Mes recherches sont orientées vers les conceptions funéraires en général, surtout au Nouvel Empire mais aussi d’une époque à l’autre afin de créer du lien (en amont et en aval). Par ailleurs, je continue à travailler sur les fragments de la tombe de Séthi I. C’est un travail inépuisable car en plus des fragments découverts lors des fouilles, certains se trouvent dans des musées et d’autres dans la tombe même, étant entreposés dans une salle à l’arrière de la salle du sarcophage. Depuis 2015, l’université de Bâle a l’autorisation d’étudier ce nouveau matériel qui complète celui inventorié auparavant et lui donne du sens : car les « petits » fragments issus des fouilles sont jointifs des plus « grands » entreposés dans la tombe. C’est donc un véritable puzzle que nous essayons de reconstituer.

Publié le 22/08/2014




BY ANKAA