CANNUYER Christian

1. Comment vous est venue la vocation de l’égyptologie ?

Comme beaucoup de collègues, cela remonte très loin dans le temps. Le plus ancien ouvrage que je possède dans ma bibliothèque, je l’avais demandé à mon père pour mes cinq ans. Bien évidemment un ouvrage de vulgarisation pour enfants. Et, très vite, comme disait Mariette, j’ai été mordu par le canard des hiéroglyphes. J’avais écrit au Journal Tintin à l’âge de neuf ans pour demander à Tintin, dans la rubrique des lecteurs, comment on pouvait devenir égyptologue. Et Tintin m’a adressé à un jeune égyptologue de l’université catholique de Louvain qui était Claude Vandersleyen. Je lui ai alors écrit une lettre très naïve comme on peut le faire à neuf ans. Il a pris la peine de me répondre et de me renseigner le dictionnaire de Faulkner et de me dire qu’il fallait que je fasse de bonnes études gréco-latines. Et, plus tard, quand je suis arrivé à l’université de Louvain, vers dix-sept ans, je me suis inscrit en orientalisme et j’ai été rencontré le professeur Vandersleyen. Quand je suis entré dans son bureau, il a ouvert son tiroir et il avait ma lettre. Et, il m’a dit : « Ah te voilà ! ». Quelque temps plus tard, il m’a confié qu’il m’avait répondu car lui-même avait rédigé ce genre de lettre à Jean Capart qui, lui aussi, avait pris la peine de lui répondre. C’est donc une vieille passion. Ce qui est confortable quand on sait très jeune où l’on souhaite s’orienter, surtout dans un domaine aussi fascinant que l’égyptologie.

 

2. Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours assez classique. Etant conscient des limites de la formation d’égyptologue, j’ai fait à la fois de l’histoire médiévale, de l’archéologie, des études bibliques et de l’égyptologie que j’ai terminée à Jérusalem. J’ai vécu deux ans à Jérusalem où j’étais assistant de l’université hébraïque. Là, j’ai côtoyé l’école d'égyptologie israélienne qui se distinguait dans le domaine de la linguistique. J’ai commencé ma thèse avec Sarah Groll et l’ai terminée à Lille 3 avec Didier Devauchelle. Ma thèse portait sur le verbe sr qui, en ancien égyptien, est déterminé par la girafe. C’est en même temps une thèse de linguistique et d’iconographie. J’ai étudié le motif de la girafe de l’époque prédynastique à l’époque ptolémaïque. Dès 1991, on m’a proposé un poste à l’université catholique de Lille où il n’y a pas spécifiquement un département d’égyptologie mais où j’ai pu créer un certain nombre de cours en rapport avec l’égyptologie, essentiellement des séminaires qui touchent aux rapports nombreux entre la Bible, l’Egypte et le christianisme ancien. J’enseigne également la langue copte. J’ai aussi enseigné un certain temps le copte à l’institut catholique de Paris en remplacement d’Anne Boud’hors. Par ailleurs, je suis président de la Société royale belge d’Etudes Orientales depuis 1994.

 

3. Quelle est l’orientation actuelle de vos recherches ?

Mes domaines d’intérêt sont la religion égyptienne. J’ai beaucoup étudié sur la période amarnienne défendant l’idée qu’il n’y a pas de monothéisme amarnien. Je m’intéresse aussi beaucoup au phénomène de continuité entre l’Egypte copte et l’Egypte pharaonique.

Publié le 00/00/0




BY ANKAA